L’anniversaire d’un CIS, vue et ressentie par une amie…

Une de mes bonne amie (et belle plume) a posté ce beau billet sur Facebook, puisque je crois qu’elle ne m’en voudra pas de partager, je le fais avec joie.   À toi N.

………………….

Ca fait 2 ans aujourd’hui que le cancer inflammatoire du sein est apparu dans ma vie, en une nuit ! C’est une des formes les plus agressives du cancer du sein, avec un pronostic de survie plus sombre.

J’ai eu la chance d’être diagnostiquée tout de suite et soignée dans la foulée. J’étais déjà stade 3 sur 4 : c’est vous dire la fulgurance de ce cancer.

Si je me retourne sur ces 2 ans, je peux vous dire que j’ai apprivoisé mes peurs. Aucun sujet n’est tabou : la maladie, la déchéance, la mort, j’ai tout passé au microscope. Je ne m’en trouve que plus forte et sereine qu’avant d’être malade.

La vie est un miracle : je profite de chaque jour. J’ai enfin compris que je n’étais pas éternelle et qu’il ne fallait donc pas perdre de temps. Alors je me gorge de petits bonheurs divers et variés. L’écriture (une fois que j’ai récupéré des neurones ;-)), la musique et bien entendu l’humour ont été capitaux dans mon rétablissement.

Je vais lever ce soir un verre non pas à la santé du CIS of course mais à la vie, moi qui me voyais mourir quelques mois après.

La morale de cette histoire : arrêtez de vous prendre le chou pour des peccadilles ; profitez, regardez, écoutez, humez. Vous êtes en sursis ici-bas alors allez à l’essentiel.

Voici ma version du Monsieur de Thomas Fersen qui m’a été inspirée par cet anniversaire fatidique. Un petit bijou (je parle de la chanson de Fersen hein !) d’humour noir.

Mon coloc le CIS (Cancer Inflammatoire du Sein)
Ca fait deux ans maintenant
que je vis avec lui.
Il est discret ; tout le temps,
il se montre assagi.

Mais il ne faut pas se fier
à cette belle apparence.
Monsieur est particulier.
Il broie les existences.

Quand il vous a dans l’viseur,
c’est qu’c’est déjà trop tard.
Il progresse à 100 à l’heure
comme une veuve noire

Dans les mailles de son filet,
Il s’empresse de vous prendre.
Il vous déguste, tel un mets,
d’une mine gourmande.

Si jamais vous le croisez,
mettez-vous à l’abri.
Soyez hors de sa portée.
Armez-vous contre lui.

Car c’est un serial killer
nommé l’inflammatoire.
Aucune pitié dans son cœur.
Du vide dans le regard …

https://www.youtube.com/watch?v=Vk_yjXIny5w

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3 réflexions sur “L’anniversaire d’un CIS, vue et ressentie par une amie…

  1. Je rentre des obsèques d’une amie qui était atteinte de cette saleté de maladie… Je rentre, regarde sur internet et tombe sur votre article… Je suis touchée en plein cœur et les larmes montent… Merci Suzanne de ce bel article et de ce poème très touchant.

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