Tannée d’être tannée…

courage

Je suis tannée, et si fatiguée… Toute la semaine passée j’ai attendue d’être bien, c’est arrivée jeudi matin. Bien sûr c’est le matin de la chimio. Alors rebelote on remet ça pour une semaine.

On est samedi soir et j’ai passé la journée couchée ou assise. Pas assez d’énergie pour quoi que ce soit. Mal à l’abdomen pareil comme lors du début de mes vacances en Floride. Difficile de me lever, et lorsque c’est possible c’est après une série d’acrobaties. Puis, impossible de marcher le corps droit, je dois faire attention aux courbature, mes hanches comme mes jambes ne suivent plus mon souffle court. Je dois faire attention aussi de ne pas pointer les pieds sous risque de crampes horrible dans le mollet ou le dessus du pieds.

Je m’endors partout sans crier gare et me réveille les doigts écrasés sur les touches de l’ordinateur, ou sur l’aiguille de Lovenox plié dans le gras du ventre 3hrs après le début de l’injection.

Ce qui est encore pire, c’est d’apercevoir mon reflet dans un miroir. Je n’ai pris que 10lbs mais on dirait que j’en ai pris 40 ou 50. Mon crane est dégarni, il ne me reste que des filets comme des plumes sur une tête qui semble tronquée. Mon visage est bouffi, le regard fuyant. Une forme de poire. Pas assez de force dans les bras pour faire quelque chose de joli avec un foulard, alors on s’endure.

On pense qu’on a vu le pire, eh non. Encore pire que tout ça, il y a la vie, oui le pire c’est de voir la vie. La bella vita qui défile autour de moi, l’insouciance, l’indifférence à la beauté, l’ignorance de la brièveté, l’oublie de la joie de vivre spontanément rien que pour vivre. Et les plans pour le lendemain, pour le mois suivant comme pour la saison suivante, disponible que pour les autres.

Alors que pour moi, ces moments à venir sont plutôt des moments remplis de peur et d’inconnu. Un trou dans l’oubli, dans des pièces de plus en plus petites et sombres, ou je devrai me réfugier dans ma tête, là ou l’horreur pourra faire son chemin et l’idée des douleurs grandes et petites à venir me colleront à la peau, incluant les méthodes pour les éviter.

Que dire des souvenirs qui me reviennent parce que rattachés à tout, chaque objets, chaque rayons de soleil, toucher de peau, ravive le sentiment de perte et devient ensuite une blessure de plus à porter. Difficile de tenter de faire semblant d’être heureuse et d’apprécier chaque seconde, l’envie même demande trop d’efforts.

Maintenant que je l’ai dit, ce malaise que je traine du matin au soir, je peux tenter de le maitriser. C’est vrai qu’il est possible que demain je me réveille l’œil clair et l’esprit aussi. C’est possible. Je peux encore y croire, tous les soirs je me couche en y croyant, oui j’arrive encore à m’endormir le sourire aux lèvres.

Oh, je voudrais surtout ajouter, je suis tannée d’être tannée, et encore plus de me plaindre… Mais y’a qu’ici que je peux me permettre d’évacuer totalement.

Je lis mes souffrances écrites par une autre

Elle essaie très fort de se concentrer, comme moi, et pareil pour moi, bientôt plus de cheveux, une poignée m’est restée entre les doigts un peu plus tôt, le cœur m’a laché un soupir, si je puis dire.
Comme elle, de la difficulté à écrire, je suis surprise chaque fois que je pose le crayon sur un papier de la force nécessaire pour simplement amorcer le mouvement de ma signature. (et je n’ai aucune masse au cerveau), de plus le résultat est horrible.
La concentration pour assimiler un texte même très court est impossible a décrire. Et Écrire un simple texte est encore plus pénible. Pour quelqu’un qui adore lire et écrire le supplice de peiner à écrire 2 phrases est indisable. Si le mot n’existe pas je l’invente.

Voilà ci-dessous,

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But as I continued to watch the interplay between Brinker and Smiley it dawned on me that my goal of remaining objective was going to be an impossible task. I run my fingers through my newly short hairdo and am reminded that soon there will be no hair to run my fingers through. As I write down notes during the interview, I realize how difficult it is becoming for me to write with a pen. Tumors are now pressing on vital nerves, and my writing arm is rapidly losing strength, and certain fingers are numb. Writing by hand has become a laborious task with the end result looking like something akin to chicken scratchings. In addition, I’m so tired from my new chemotherapy regimen that concentrating for any length of time seems a monumental feat. Finding the energy to blog is getting harder. I’m sure chemo-brain is becoming a factor as well as I struggle to find and, indeed, spell common words as I construct my sentences. Yes, objectivity was being replaced with the difficult realities of metastatic breast cancer and treatment.
http://cancerculturenow.blogspot.ca/2011/02/my-view-of-breast-cancer-according-to.html
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Un autre bon point, irritant entre tous : à gauche la façon de rendre la réalité de droite attrayante pour les publicitaires de Komen :
Komen vue of estetics