Comme chez nous…

Juin 2012 au CICM.

 

Le petit post de Donna a sonné une cloche dans ma tête : http://donnapeach.com/2012/08/27/way-too-familiar/.

Depuis environ 4 mois je reçois mes traitements au nouveau centre, et déjà, lorsque je franchis les portes, d’un coup d’oeil je « sens » l’ambiance, si c’est une mauvaise journée (jamais vu) ou une très bonne (ça oui), je reconnais les secrétaires, les infirmieres et même une majorité de médecins.  Je sais quelle salle de bain est préférable pour minimiser les risques d’infections à quel endroit m’installer pour les mêmes raisons, et lorsque je suis là pour les traitements, les grosses chaises n’on plus de secrets pour moi, j’utilise la manette de télécommande pour descendre le dossier, remonter les jambes, enfin…

C’est comme un deuxième chez moi…

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« La haine du Québec » article paru dans le Journal de Montréal

Un article, en rapport avec les élections, qui m’a fait sursauter.  De Sophie Durocher: http://www.journaldemontreal.com/2012/08/26/la-haine-du-quebec

Blessée, je lisais les commentaires, et je suis tombée sur celui-ci (il y en avait plus de 800 !)

« Les Québécois sont plus respectueux, oui et de loin. outre une certaine frange marginale de la population (ya des idiots et des racistes dans n’importe quelle société, quand même), les Québécois ne tiennent pas de propos désobligeants envers le peuple Canadien. Contre le gouvernement et le système fédéral, oui. Contre la reine et la monarchie, certainement. Mais contre les autres provinces ou leurs habitants, c’est très rare. En général ils nous indiffèrent pas mal. Et jamais nos journaux ou autres médias ne publient des propos équivalents à ceux décrits par l’article ci-haut. »

Je suis d’accord.

Retour de la peur, 6 mois plus tard … le 26 août.

Cela fait donc 6 mois.   Les 5 derniers ont été vraiment faciles à vivre, beaucoup plus de haut que de bas.  Le quart de ce que l’on m’a donné à vivre, j’entame la 2e partie pour faire la moitié.  J’ai bon espoir d’aller plus loin que cela, mais dans quel état cela serais-je?

Depuis quelques semaines, j’ai le souffle court plus rapidement.

J’ai tenté tant bien que mal de me convaincre que ce n’était pas le cas… « que c’est l’humidité »… Hélas, lorsque je prends certaines position, j’entends un sifflement et je cherche qui fait ce bruit (oui, oui pour vrai).

Alors j’ai peur.  Je me voie perdre mes cheveux, les mains rouges et craquelées, dans l’impossibilité de marcher, et plus encore…

J’ai la mort non pas dans l’âme mais en pleine face dans le moment, et si on le dit pas, moi je le dis et le redis.  Soudainement, je me dis que j’ai déjà beaucoup trop attendu pour faire certaines choses qui m’étaient importante.  Surtout pendant que j’ai encore des cheveux.  J’ai eue un coup de panique car je me suis vue tête chauve à essayer de faire du snorkeling…

Retout à la réalité, lundi je passerai donc les rayons X puisque je rencontre l’onco mercredi matin, très tôt.  Puisqu’elle aura les résultats des rayons en main, on saura si elle m’envoie passer une IRM – ce qui sera sûrement le cas.

Je tente tant bien que mal de me consoler en me disant que j’ai eue un super bel été,  j’ai été assez bien portante pour faire plein de choses agréable que j’aime.  Kamouraska a été mon coup de coeur, mais la façon dont j’ai avancé dans ma vie sociale qui, bien que virtuelles, me réchauffe le coeur grâce à de nouvelles amitiés, de nouveaux liens qui ont été crées.  C’est merveilleux.

Suzanne et Mario – juin 2012, Fort Pierce, FL.

Sur cette photo, Mario porte (depuis 25 ans) la pépite d’or que j’ai acheté alors que j’avais à peu près 17ans.  J’ai un paréo autour du cou pour éviter que le soleil ne brûle les cicatrices du Port-a-cath fraîchement posé en juin dernier (ou en mai, mais bof qu’est-ce que je m’en fou un peu là).

Quelle belle surprise! Le  » STAGE IV TRAVELLING PANT » est chez moi !

Je me sens comblée et choyée depuis jeudi soir.  J’ai reçu un colis de mon amie blogueuse AnneMarie Ciccarrella  (http://chemo-brain.blogspot.ca/) .  Je me suis souvenue qu’elle avait parlé de me faire parvenir quelque chose, mais vu la grosseur de la boite, je me disais que j’y trouverai à l’intérieur quelque chose qui ne me regardait pas, je me voyais déjà le ré-emballer avec une note « retour à l’envoyeur ».

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai déballé et trouvé ce super jean et une grosse enveloppe pleine de cartes de souhait!

Le livret noir est nommé le « Fearless friends » ou « les amis sans peurs ».

Ce jean est d’autant plus important que Jenny W. y a appossée sa signature peu de temps avant sa mort.  Lorsque j’ai vu son nom signé par elle,  j’ai craquée et les larmes ont coulés. Je dois les retourner assez rapidement car il y a un souper important auquel le jean doit assister (rigolo de dire ça comme ça). Enfin, je l’ai signé – sur une fesse- et il ne me reste qu’à y mettre une pensée et peut-etre un petit gagdet si je met la main sur un.  Puis je signerai aussi la carte, en français et en anglais et le retournerai à l’expéditeur…sauf si j’arrive à joindre une copine de Montréal qui est aussi stade IV du CIS.  Alors on verra. J’ai une nouvelle médication qui me fait cogner des clous même en pleine journée,  alors je colle les photos et je vais faire un somme comme un bébé.

AVANT D’ACHETER ROSE …

Avant d’acheter rose, Posez-vous ces questions:

1. Ai-je vraiment besoin de ce produit?  Si la réponse est : »pas vraiment, mais ça me fait plaisir de soutenir la cause », alors STOP!

Gardez ce montant et donnez-le à un organisme (voir ci-dessous) qui soutient la recherche et les femmes ayant le cancer du sein.

2. Quel est le montant de l’achat qui sera versé à l’organisme?  $1.00 ou 25¢ ?  Alors pourquoi ne pas remettre directement ce montant à un organisme de votre choix?

3. À quel organisme le montant ira-t-il?  N’ayons pas peur de poser ces questions.  Il s’agit de notre argent et de notre bonne volonté d’aider qui est en cause.

N’importe qui peut apposer un ruban rose sur son produit afin d’augmenter ses ventes.  Il peuvent indiquer n’importe quel nom d’organisme, et si on ne vérifie pas, notre argent ne servira qu’à enrichir des inconnus.

Il faut pousser et insister pour que ces informations (nom de l’organisme et montant qui lui sera remis) soient indiquées clairement sur les produits qui portent le ruban rose.

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Voici une liste de QUELQUES Organismes reconnu au Québec et au Canada :

Notes#1-#2: Ces deux organismes sont ceux qui m’ont le plus aidé, tant en 2009 que cette année, particulièrement la SCC.

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­1. Aujourd’hui à la fruiterie près de chez moi, je suis tombée sur des tomates ayant des étiquettes ruban rose, en provenance des Serres Stéphane Bertrand de Mirabel, Qc.  Je suis allé fouiller sur Internet, aucune indication d’un montant remis à un quelconque organisme.  Je crois bien que je vais passer un coup de fil…

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2.   Puis à la pharmacie je me retrouve devant des breloques et des parapluies Made in China, de la compagnie WRBgifts de Niagara Falls ON., annoncant qu’une « portion du rendement des ventes nettes sera versée pour la recherche du cancer du sein au Canada »  en anglais ce sera remia à « Breast Cancer Research in Canada » (?!).  Encore une fois rien qui indique un relation avec un organisme sérieux.

Sur leur site web, une tonne de produits ruban rose . http://www.wrbgifts.com/catalog/index.php?cPath=21

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Il y aura surement une suite à ce post « Rose »…

Précieux moments

La relation avec ma fille adolescente depuis mon diagnostique est passé par des hauts et des bas.  De plus en plus de hauts heureusement.  Je raconte ceci parce que j’aime beaucoup ma fille, elle illumine ma vie.

Depuis mon premier diagnostique en 2009 que je cherche à lui laisser des souvenirs, des traces, des notes, des mots – je suis une fille à papier- de petits cadeaux qu’elles pourras découvrir lorsque je ne serais plus là.  Récemment, j’ai eue une discussion avec elle à ce sujet et elle ma signifié que cela lui importait peu puisque je ne serai plus là. (Je me répète un peu, je viens de réaliser que j’en ai parlé le 3 août dernier, mais bon, c’est pas grave, il s’agit d’une autre histoire)

J’ai donc muri une idée qui me trottait par la tête.  Bien muri.  Un, on aime passer du temps ensemble; deux, on adore faire du shopping ensemble; trois, je n’aime pas  penser que je ne serais pas là lorsqu’elle prendra un appartement…  Tout ça mis ensemble et bien réfléchis… Voilà j’ai une merveilleuse idée!

Une fois par mois on irait faire du shopping pour un article qui lui servira de trousseau pour son appartement!  S’il me reste 24 mois, on pourra acheter 24 instruments de cuisine.

Deux pierres d’un coup, lorsqu’elle partira pour prendre un appartement, elle aura plus d’argent pour acheter des meubles, et elle aura des instruments de cuisine qu’elle aimera et qui lui rappelleront de bon moments.

Puis, hier, le moment est arrivé, comme ça!  Nous avions du temps, je lui ai expliqué mon idée, elle était d’accord, sans être enthousiate car on comprends que l’idée d’avoir un appart est quand même loin dans sa tête, et c’est encore très abstrait.  Mais elle est venue de bon coeur, et nous avons gentiment discuté pendant le trajet.

Nous avons été chez Pier 1 Import.   Quelle n’a pas été sa surprise lorsqu’elle a passé les portes.  Les couleurs et les textures l’ont tout de suite séduite.  Elle a déclaré qu’elle voulait décorer son futur appartement de tout les articles trouvés dans ce magasin.  Tapis, tables, vaisselle, vases, tout, tout, tout lui plaisait.

Dans l’excitation d’imaginer sa vie dans son appartement, elle m’a dit « maman, il faut que tu te débrouille pour vivre jusqu’à ce que tu puisse venir à mon appart. » Je l’ai serré dans mes bras, et j’ai senti ma petite fille à moi.  Cela m’a tellement touché, qu’à l’intérieur de mon coeur, j’ai senti une nouvelle force renaître.  Oui, il est possible que je me force pour voir cela.

De merveilleux moments, là-bas avec elle, que je vais chérir et garder dans mon coeur très très longtemps.

Elles restent alerte jusquà la fin

Et j’espère l’être moi aussi!

Je suis toujours surprise de voir des consoeurs continuer de bloguer de façon aussi éclairée, souvent jusqu’à quelques jours avant leur décès.

Je suis encore très fonctionnelle et pourtant certains médicaments me rendent tellement somnolente que toute mon énergie est requise pour garder les paupières ouvertes.  Alors je me demande souvent ce que j’aurais l’air lorsque la maladie sera plus avancée.

J’ai la plus grande estime pour ces femmes qui continuent jusqu’au bout d’exprimer leurs idées, de partager leurs émotions et se mettent à nue sur fond blanc (anciennement le papier maintenan l’écran) alors que leurs vies ne tient plus qu’à quelques heures – souvent moins d’une centaine.

Oui, j’espère pouvoir être capable de le faire, continuer d’aimer la vie et de le partager jusqu’au bout.

Juin 2012 Fort Pierce, FL.